Risques ESG : exemples, conséquences et guide pour les limiter
Apprenez à évaluer et réduire les risques ESG pour renforcer la résilience et la performance de votre entreprise

La gestion des risques ESG nécessite une vision prospective et stratégique, elle ne s’appuie pas sur des données historiques et les impacts de ces risques sont complexes et variés. La définition des risques ESG ainsi que leur évaluation est indispensable pour analyser leur matérialité financière et identifier les meilleures pratiques à adopter afin d’atténuer ces risques. Le dérèglement climatique placé à la première place des risques pour les entreprises d’assurances selon la 8ème cartographie des risques publiée par France Assureurs (source) montre à quel point les risques ESG doivent être pris en compte, analysés et reportés par les institutions financières et les entreprises ainsi que leur importance pour la performance durable de celles-ci.
Que signifie le risque ESG ?
Le risque ESG correspond à la probabilité qu’une entreprise subisse un impact négatif en raison de facteurs liés aux dimensions Environnementales, Sociales et de Gouvernance. Ces risques peuvent découler de ses propres pratiques (ex. gouvernance défaillante, conditions de travail non conformes) mais aussi de son environnement externe, comme l’évolution des réglementations, les catastrophes naturelles ou les mutations des attentes sociétales. Ils influencent la stabilité financière, la réputation et la pérennité de l’entreprise.
L’impact des risques ESG sur l’entreprise est multiple, ils peuvent affecter :
- La réputation
- La performance financière
- La conformité réglementaire
- L’attractivité pour les investisseurs
Les risques ESG sont devenus intournables aujourd’hui entre la pression réglementaire et les attentes des consommateurs. Toutes les industries et secteurs (finance, énergie, tech, retail, agroalimentaire, etc.) sont concernés et doivent intégrer ces enjeux dans leur gestion des risques.
Il est crucial d’identifier et quantifier les risques qui concernent l’entreprise afin de prendre les bonnes mesures pour les atténuer. Les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance représentent chacun des défis distincts.
Exemples de risques ESG
Les risques Environnementaux
Les risques environnementaux sont liés à diverses composantes : le changement climatique, l’eau, la gestion des ressources, la pollution des écosystèmes, biodiversité, etc.
Un exemple parlant de risque lié au changement climatique est celui de la mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières en 2021 par l’Union européenne. Ce mécanisme de taxe carbone a contraint les entreprises fortement émettrices de CO2 (comme les aciéries et cimenteries) à revoir leur modèle économique en adoptant des pratiques plus durables pour limiter leurs émissions. C’est le cas d’ArcelorMittal, l’un des plus grands producteurs d’acier, qui a dû investir massivement dans la décarbonation de sa production pour éviter des surcoûts liés aux taxes carbone, sous peine de perdre en compétitivité face à des concurrents plus vertueux.
Un autre exemple de risque environnemental est l’impact de la pollution des sols et de l’eau. En effet, en 2019, le scandale du perfluoré (PFAS) en Belgique a éclaté lorsque l’entreprise chimique 3M a été accusée d’avoir contaminé les sols et les eaux souterraines près de son site d’Anvers. Les autorités ont imposé des restrictions, des amendes et des obligations de dépollution massives à l’entreprise. Cela a engendré pour 3M des pertes financières importantes, une atteinte majeure à son image et une méfiance accrue du public et des investisseurs envers l’industrie chimique.
Les risques Sociaux
Les risques sociaux, qu’ils concernent les conditions de travail, les discriminations, le respect des droits humains ou encore les relations avec les parties prenantes, peuvent avoir des conséquences majeures sur la réputation, la performance et la pérennité d’une entreprise.
En effet, le risque lié aux conditions de travail et aux droits des travailleurs a été mis en lumière par une enquête de 2021 sur Amazon. Cette dernière a révélé un taux de blessures plus élevé que la moyenne du secteur, ainsi qu’une pression excessive sur les employés. Ces révélations ont conduit à des grèves, des pressions accrues de la part des investisseurs et une remise en question des pratiques de l’entreprise.
Un autre exemple de risque lié aux discriminations et au harcèlement est celui du scandale de l’entreprise Activision Blizzard suite à une plainte pour harcèlement sexuel et discrimination. L’enquête a révélé des écarts de salaires et de nombreux comportements inappropriés. L’impact sur l’entreprise a été des pertes massives, un boycott, une action en justice et la chute de son action en bourse.
Les risques de Gouvernance
Les risques de gouvernance concernent les conflits d’intérêts, la fraude, les rémunérations excessives des dirigeants ou encore le manque de transparence.
En 2015, Volkswagen a été impliqué dans un scandale majeur après la découverte de logiciels truquant les tests d’émissions de ses véhicules diesel. Ce scandale a révélé de graves failles de gouvernance avec des primes aux performances financières à court terme, sans prise en compte des risques à long terme. L'affaire a entraîné des pertes financières colossales, plus de 30 milliards d'euros d'amendes.
Également, le risque de gouvernance lié à la fraude et aux manipulations comptables peut être illustré par l’affaire Eron en 2001. Enron, une entreprise énergétique américaine, a fait faillite après la révélation d'une fraude comptable massive. L'entreprise avait créé des entités offshore pour cacher ses dettes et gonfler artificiellement ses bénéfices. Ce scandale a non seulement conduit à la faillite de l'entreprise, mais a également provoqué la dissolution du cabinet d’audit Arthur Andersen et entraîné des réformes majeures dans la réglementation financière américaine, avec notamment la création de la loi Sarbanes-Oxley.
Comment évaluer et limiter les risques ESG ?
L’évaluation des risques ESG
Tout d’abord, différents indicateurs permettent d’évaluer les risques ESG, tels que :
- L’empreinte carbone : mesurée par le total des émissions de CO₂ équivalent, ou encore l’intensité carbone, qui rapporte les émissions aux unités produites
- La diversité et l’inclusion : évaluées par le taux de diversité ou par l’écart de rémunération hommes-femmes
- La conformité éthique : mesurable via le nombre d’incidents de non-conformité ou via le pourcentage de fournisseurs respectant les standards éthiques de l’entreprise.
Il existe également différentes méthodes d’évaluation plus approfondies comme les notations ESG. Ce sont des notations qui évaluent une entreprise dans la gestion de ses risques ESG mais aussi de ses opportunités. Ces notations évaluent la durabilité d’une entreprise et permettent une meilleure transparence et comparabilité entre ces dernières. On peut en citer les plus connues : MSCI, Sustainalytics ou encore Ecovadis.
Une évaluation plus complète peut être aussi réalisée par des d’audits ESG internes ou externes (mettre lien) qui permettent un contrôle des processus mis en place par une entreprise pour gérer ces risques.
Ces différentes évaluations permettent d’alimenter le reporting ESG. Les différentes normes ESG obligations règlementaires telles que la CSRD, la CS3D ou encore la Taxonomie Européenne obligent les entreprises à reporter sur leur exposition et à la gestion des différents risques ESG.
Comment limiter les risques ESG ?
La gestion des risques ESG par la mise en place de politiques et par des plans de mitigation de ces risques est un indispensable. Pour cela, de plus en plus d’entreprises se tournent vers des logiciels ESG spécialisés. Ces outils jouent un rôle clé en permettant une collecte de données centralisée et un suivi en temps réel des indicateurs de risque ESG. Ils permettent ainsi de suivre leur score ESG et d’identifier les axes d’amélioration.
De nombreuses entreprises intègrent désormais l’ESG dans leur gouvernance d’entreprise avec des chief sustainability officers et des comités dédiés.
Quelles sont les conséquences des risques ESG ?
Les risques ESG peuvent avoir des répercussions significatives sur les entreprises, tant sur le plan financier, réputationnel que réglementaire. Une mauvaise gestion de ces risques peut fragiliser l’activité, affecter la rentabilité et mettre en péril la pérennité d’une entreprise.
Les risques financiers
Tout d’abord, les risques ESG peuvent entrainer des risques financiers. Cela se traduit par :
- Une augmentation des coûts d’assurance et d’exploitation : Une entreprise exposée à des risques environnementaux accrus (pollution, catastrophes naturelles) ou à des litiges sociaux (harcèlement, non-respect des droits humains) peut voir ses primes d’assurance grimper. De même, une dépendance aux énergies fossiles dans un contexte de transition énergétique peut faire exploser les coûts d’exploitation
- Une perte d’investisseurs et de financements : Les critères ESG sont de plus en plus intégrés dans les décisions d’investissement des banques et fonds institutionnels. Un mauvais score ESG ces aspects peut entraîner un refus de financement ou une hausse du coût de capital. Un exemple parlant est celui de Boohoo, une entreprise de mode britannique pris dans un scandale de conditions de travail abusives chez ses sous-traitants aux Royaume-Uni en 2020. Plusieurs banques et investisseurs institutionnels, dont Standard Life Aberdeen, ont immédiatement vendu leurs parts, provoquant une chute de l’action de plus de 40% en quelques semaines
Le risque réputationnel et le ternissement de l’image
Les consommateurs et les investisseurs sont de plus en plus sensibles aux questions ESG. Une controverse peut entraîner un boycott des produits, une perte de clients fidèles et une baisse de confiance des partenaires commerciaux. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux et les médias, les crises ESG se propagent rapidement et peuvent durablement affecter la perception du public. Le dernier exemple étant le ternissement de l’image de Décathlon, au cœur d’une polémique importante depuis des accusation d’avoir des sous-traitants en Chine liés au travail des Ouïghours.
Un risque juridique et réglementaire accru
L’évolution des réglementations ESG impose des exigences strictes en matière de transparence et de reporting. Une entreprise qui ne respecte pas ces obligations s’expose à :
- Des amendes et sanctions financières : Les gouvernements et régulateurs durcissent les règles, notamment sur le devoir de vigilance et la transition écologique
- Des poursuites judiciaires : Des ONG, associations et même des actionnaires peuvent intenter des actions en justice pour non-respect des engagements ESG ou mise en danger de l’environnement et des droits humains
- Une restriction des activités : Certaines réglementations peuvent empêcher une entreprise d’opérer sur certains marchés si elle ne répond pas aux standards ESG exigés
Un exemple parlant est celui des grandes entreprises pétrolières, comme BP et TotalEnergies, qui ont été condamnées à des amendes conséquentes suite à des controverses environnementales, notamment des marées noires et des violations de normes écologiques. Ces sanctions illustrent l’importance croissante des régulations ESG et les risques financiers associés à leur non-respect.
Risques ESG et impact sur l’entreprise
Ainsi, les risques ESG sont aujourd’hui un enjeu stratégique majeur pour les entreprises, au même titre que les risques financiers ou opérationnels. Ne pas les intégrer dans la gestion des risques, c’est fragiliser son activité et compromettre sa pérennité économique.
Un impact direct sur le financement et l’accès aux capitaux
L’un des premiers impacts concerne l’accès au financement. Les banques et les investisseurs accordent une importance croissante aux critères ESG dans leurs décisions. Plusieurs tendances confirment cette évolution :
- Des exigences accrues des investisseurs : De plus en plus de fonds d’investissement et d’institutions financières appliquent des politiques d’exclusion pour les entreprises mal notées sur le plan ESG
- Une hausse potentielle du coût du capital : Sans stratégie ESG claire et plan d’action concret, le coût des prêts ou des émissions obligataires peut s’alourdir, voire certaines sources de financement peuvent devenir inaccessibles
- Un impact sur la valorisation boursière : Les entreprises perçues comme non durables peuvent voir leur action sous-performée face à celles qui adoptent des pratiques responsables
Pour illustrer cela, en 2023, la banque BNP Paribas a annoncé qu’elle ne financerait plus les entreprises fortement exposées au charbon sans un plan de transition crédible. Cette décision n’est pas sans lien avec la publication d’un rapport d’ONG dénonçant le les engagements sur le charbon d’une cinquantaine de banques.
Une vulnérabilité accrue dans la chaîne d’approvisionnement
Les risques ESG affectent également la chaîne d’approvisionnement. Une entreprise qui ne structure pas sa politique ESG s’expose à plusieurs dangers :
- Dépendance à des fournisseurs non durables : Sans contrôle, l’entreprise peut être liée à des fournisseurs qui ne respectent pas les normes environnementales ou sociales, ce qui peut ternir son image
- Exposition aux tensions géopolitiques et aux régulations : L’utilisation de matières premières issues de zones à risque (travail forcé, déforestation illégale) peut entraîner des sanctions ou restrictions commerciales
- Hausse des coûts et ruptures dans la chaîne de valeur : Une entreprise reposant uniquement sur des énergies fossiles peut voir ses coûts fluctuer fortement et perturber sa production
En effet, En 2022, plusieurs entreprises textiles ont dû revoir leur approvisionnement après des restrictions sur l’importation de coton produit dans la région du Xinjiang en Chine, en raison de soupçons de travail forcé*.
Un frein à l’innovation et à la compétitivité
Enfin, l’ESG est un levier d’innovation et de compétitivité. Ne pas anticiper ces évolutions expose au risque de prendre du retard face à la concurrence.
- Les nouvelles attentes des consommateurs : Une entreprise qui tarde à intégrer des pratiques durables peut perdre des parts de marché face à des concurrents plus engagés
- Des réglementations de plus en plus strictes : L’Union européenne impose des normes environnementales et sociales renforcées, obligeant les entreprises à s’adapter
- Des opportunités de différenciation : Les acteurs qui innovent sur l’ESG peuvent capter une clientèle fidèle et se positionner sur de nouveaux segments de marché
On peut prendre comme exemple le secteur du textile, où des marques comme Patagonia et Veja ont pris une longueur d’avance avec des matériaux recyclés et une approche transparente. En réaction, des géants de la fast fashion comme Zara et H&M ont dû adapter leur modèle pour répondre aux nouvelles exigences des consommateurs et des régulateurs et ainsi rattraper leur retard en matière de durabilité.
L’intégration des critères ESG ne relève donc plus uniquement d’une démarche réglementaire ou éthique. C’est aussi un facteur clé de résilience, de performance et d’attractivité, qui joue un rôle déterminant dans la capacité d’une entreprise à sécuriser son avenir et à rester compétitive sur son marché.
Face à ces enjeux, il est essentiel pour les entreprises d’anticiper et de structurer leur stratégie ESG. Des outils comme les logiciels ESG permettent de faciliter cette transition.
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